Au début, tout au début, qui à mangé la première huître ?

Mon hypothèse est la suivante : l’homme n’a pas mangé d’huîtres avant d’avoir découvert le feu.

Sinon, quelle idée saugrenue que de s’amuser à ouvrir un caillou.

Peut-être qu’un homme préhistorique un jour en voulant faire son barbecue, a entassé quelques pierres pour y installer le brasier, et accidentellement quelques cailloux de la plage se sont incrustés, s’ouvrant sous l’effet de la chaleur.

L’huître chaude était née....

Trêve de plaisanterie, l’huître est consommée depuis le début des temps, on en a la preuve par fossiles interposés.

Les grecs. Ils ont inventé Dionysos, les banquets et les vertus aphrodisiaques de l’huître.

Et le couvercle de l’huître servait de bulletin de vote : on y inscrivait le nom de la personne qu’ils voulaient bannir de la cité. 

D’où le terme ostracisme du grec «ostracon» qui veut dire coquille.Les romains, eux se délectaient d’huîtres plates. Ils lui ont donné le doux nom de «callibléphares» c’est à dire «Belles Paupières».

À l’époque médiévale, l’huître est à la fois un plat de pauvre pour les populations côtières et prisé de la noblesse citadine qui commence à la conserver dans la glace.

À la Renaissance, l’huître est devenue reine dans le Tout Paris : Des dîners gargantuesques peuvent servir jusqu’à 150 huîtres par personne… 

Louis XIV, lui, les fait venir de Cancale chaque jour à dos de cheval. Paris compte 2000 écaillers et ce serait à cause du retard d’une de ces cargaisons que le cuisinier du roi, François Vatel, qui a donné son nom aux écoles hôtelières actuelles, met fin à sa vie.

Jean de la Fontaine lui dédie une fable : «Le rat et l’huître» qui finit par le fameux «tel est pris qui croyait prendre».

En plein siècle des Lumières, Casanova n’en finit pas d’en consommer, jusqu’à douze douzaines au petit déjeuner, dit-on toujours.

Au début du 19e siècle, elle devient un plat street food à la mode, convoité de Paris à Londres en passant par New-York.

En 1860, le petit port Whitstable, au sud de l’Angleterre, en achemine 50 millions de tonnes vers Londres.

En 1900, les new-yorkais en consomment un million chaque jour ! Son industrialisation est controversée, non seulement parce qu’elle mène vers l’extinction du genre, mais aussi parce que ce sont des enfants qui sont en charge de leur récolte, comme le démontre les photos de Lewis Hine au début du XXème siècle.

C’est fou ce que l'on trouve sur l’histoire de l’huître !