Quel roi de France fut surnommé «Louis des huîtres» ?

Quel roi de France fut surnommé «Louis des huîtres» ?

L’huître, un délice vital pour un monarque au physique de gros mollusque.

Un chef d’État débonnaire, sexagénaire, à l’appétit extraordinaire, considéré par certains comme le souverain du retour en arrière.

Frère d’un roi décapité, Louis XVIII, né Louis-Stanislas, comte de Provence, puis roi de France pour un règne serein, décrit par Victor Hugo dans «Les Misérables» : «Ce roi impotent avait le goût du grand galop».

C’est bien au galop qu’en Flandre, pendant les Cent-Jours, ce roi de France mange des huîtres à gogo. 

Momentanément chassé en 1815, il trouve asile à Gand. Et l’exil lui va comme un gant, dans cette cité du nord située au confluent de la Lys et de l’Escaut… tant qu’il y trouve des huîtres !

Louis s’installe au centre de Gand le 30 mars 1815 chez son ami le comte Jean-Baptiste d’Hane de Steenhuyse, Chambellan du roi des Pays-Bas.

Le jour de son arrivée, il dîne à 18h et avale un copieux repas. Il se fait ensuite servir «un cent d’huîtres», provoquant l’admiration des badauds qui s’agglutinent, car la salle à manger, située au rez-de-chaussée, est visible de la rue. 

L’anecdote est relatée dans un document conservé en Belgique.

On y trouve, à la date du 30 mars 1815, la phrase «Hij Z.M. van zeer gœden appetijt, naer andere spijzen geheeten te hebben, slœg hij nog een honderd hœsters binnen» que l’on peut traduire par «Sa Majesté avait bon appétit, car après avoir mangé quelques plats, il se tapait une centaine d’huîtres».

Rapidement, les Belges surnomment le souverain français «Louis des huîtres».

Ce surnom sera parfois déformé en «Louis dix huîtres». Dans certains textes anglais, le roi est nommé «Oyster Louis».

Revenu en France, Louis continue à faire le bonheur et la fortune de la filière conchylicole et à avaler sans compter les mangeuses de plancton.

Il est vrai qu’après la disparition de la gabelle en 1790, l’ostréiculture s’est développée en France, certains marais salants étant transformés en claires.

Une partie de la population surnomme alors ce disciple d’Épicure au ventre rebondi « Cochon XVIII ».

Mais les mareyeurs, qu’ils soient royalistes, ultras ou modérés, bonapartistes, républicains ou neutres, ne peuvent que pleurer la disparition de celui qui, pour les producteurs d’huîtres, était incontestablement une perle.